Conan / Greyfell / The Fourth Is Bearded – Mac Daid’s

 

Alors que les nations grondent, que les royaumes chancèlent, que les désastres succèdent aux désastres et que la terreur règne de tous cotés, nous allons nous enfoncer un peu plus, en ce vendredi 08 février, dans les profondeurs terrestres pour rejoindre la catabase du Havre, le Mac Daid’s.

Ce soir, le pub irlandais va accueillir la fureur du « Doom », ce qui promet une ambiance lourde et chargée. On se prépare à de longs moments instrumentaux, à des guitares qui déraillent sous un vrombissement aux airs d’acouphènes. Il va falloir avoir les épaules solides.

A l’approche du Mac Daid’s les sonorités et les vibrations se font ressentir, le premier groupe à déjà commencé. J’arrive in medias res dans le concert de The Fourth Is Bearded, cinq gars s’activent sur la petite estrade qu’offre le sous-sol du bar : deux basses, deux guitares et une batterie. Un groupe qui emploie une forme structurelle comme segmentée de leurs morceaux, une fragmentation des sonorités : à de longs moments instrumentaux absorbants, viennent se substituer des passages accélérés, pour ensuite laisser place à quelques phrases de guitare mélodique ou encore à un chant en plein affront. La première étape de la descente est faite.

Le temps d’une pause cigarette pour laisser le temps aux Rouennais de Greyfell de s’installer. Découverte et coup de cœur de la soirée. La voix fait fortement penser à Glenn Danzig mêlé à l’ardeur des Death From Above 1979 au niveau instrumental. On retrouve comme un schéma musical qui construit les chansons autour de répétitions lyriques et mélodiques. Un groupe qui bouge et réveille, on se prend le chant dans la gueule et les guitares grincent. Captivant.

Quelques minutes s’écoulent pour arriver à la dernière étape de la cérémonie. Voilà le groupe fort de la soirée : Conan, trois musiciens encapuchonnés et « gueule cassée» (comme le dit si bien en début de show, Jon Davis, le guitariste chanteur). Ténèbres musicales et ténèbres environnementales, le Mac Daid’s est cette pièce cloitrée, aux plafonds bas et aux murs aveugles. Il n’y a pas d’échappatoire visuels ni d’échappatoires sonores, le son est partout, il nous oppresse, nous envahit et nous envoute. Perte des motions d’espace et de temps, il suffit de quelques grammes d’alcool dans le sang pour que les vrombissements écrasants et les effets lumineux fassent perdre l’équilibre. Le volume est fort, très fort, trop fort peut-être(?), mais putain qu’est-ce qu’on le sent. Le tempo est lent et les pulsations du cœur s’accouplent avec. Le bruit nous engourdit, notre esprit se compresse sous la lourdeur de leurs guitares assommantes et du chant, crié au loin, comme perdu dans les monts du Mordore. Et pourtant, ce ne sont pas trois vikings venus tout droit des pays nordiques mais de simples british de Liverpool qui viennent nous assommer à coup de sons et de basses uber-saturées. En fait, comme ils le disent eux-mêmes: « Conan are as heavy as interplanetary thunder amplified through the roaring black hole anus of Azathoth », en vous laissant à la poésie de leurs doux mots.

On sort de ce dernier concert un peu sonné et abasourdi, positivement. L’épée de Conan nous a ébranlée, Greyfell nous a charmé et The Fourth Is Bearded nous a emballé. Trois groupes aux trois styles différents, une identité propre à chacun qui fit de cette soirée une traversé des ténèbres délicieuse et heureuse par son afflux sonore de caractère.

Photo : © Antonia Enos / Live For The Show

 

The Fourth Is Bearded : facebook.com/The-Fourth-Is-Bearded

Greyfell : facebook.com/Greyfellband /  greyfell.bandcamp.com

Conan : www.hailconan.com / conan-conan.bandcamp.com

 

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