Gallows – « Gallows »

 

Cette semaine est sortie le nouvel album des gentils bagarreurs de Gallows. Cela fait maintenant 3 ans que l’on attend ce nouvel opus avec impatience, mais aussi avec une certaine crainte. Et oui après le départ de Frank Carter (frontman et véritable identité du groupe) l’avenir du groupe paraissait bien sombre et brumeuse. Par chance ces durs à cuire d’anglais, ils aiment ça le brouillard. C’est donc armé d’un tout nouveau chanteur, qui n’est autre que l’ancien guitariste d’Alexisonfire (raison de plus pour s’inquiéter), Wade McNeil qu’ils ont reprit le chemin des studios pour nous offrir ce putain d’album (j’essaye d’être aussi efficace qu’eux).

En à peine 40 minutes les 5 garçons nous remettent gentiment à notre place et nous montrent qui sont les vrais patrons. Sur ce nouvel album le groupe fait un léger retour aux sources. Les guitares dissonantes qui avaient quelque peu disparues sur le précédent album sont de retour, et ça fait plaisir à entendre. Nous ne sommes pas au niveau d’Orchestra of Wolves mais on sent la volonté de renouer avec leur son originel. La grosse surprise de cet album reste quand même la performance de Mr  McNeil. Les plus médisants ne misaient pas vraiment sur la voix de ce gros barbu (je l’avoue j’en faisais parti). Et il faut l’avouer, prendre la relève du petit rouquin nerveux n’était pas chose aisée. Une chose est sûre, nous avions torts.

L’album nous assomme dès le début avec le morceau « Victim Culture » qui démarre en douceur pour mieux nous abattre dans les secondes qui suivent. On retrouve le son très « anglais » qui caractérise le groupe. C’est crade et on aime ça. Ils nous infligent directement le deuxième K.O. grâce à “Everybody loves you (when you’re dead)”. Gallows ressort des riffs dont eux seuls ont le secret. On prend une grosse dose de Rock’n’Roll et de refrains taillés pour partir en guerre. Cette entrée en matière nous annonce un élément majeur de cet album, les cœurs. En effet chaque morceau est comme un hymne à reprendre tous en cœur pour se donner du courage avant le combat final, comme on peut l’entendre sur « Last June » et « Outsider Art » qui pour moi est le meilleur morceau de cette galette. Je vous laisse le découvrir par vous-même ce serait injuste de vous gâcher le plaisir. On écoute les morceaux les uns après les autres et on ne rêve que d’une chose, être le point levé dans le pit à en prendre pleins les gencives et les oreilles. 3 minutes et 24 secondes plus tard on se retrouve plongé dans une spirale punk hardcore survoltée grâce à « Vapid Adolescent Blues ». Le morceau démarre sur les chapeaux de roues et ne nous laisse comme répit que les refrains repris en cœur par le groupe. On continue dans le brutal avec « Austere », on retrouve ici les sonorités dissonantes du Gallows de la grande époque. C’est rapide, efficace et pleins de bavures, le morceau fini aussi soudainement qu’il a commencé. « Depravers » lui, vient offrir une petite touche presque pop à cet album, grâce à un refrain à la mélodie implacable. Celui-ci provoque en moi une étrange envie de zouker (Francky sors de ce corps). Le groupe nous remet une tournée de gifles avec « Odessa » et ses couplets chant/batterie ultra efficaces. Puis d’un coup il nous prend à revers et nous transporte  avec une fin quasi aérienne à la limite du post-hardcore. L’instru et la rythmique de « Nations / Never enough » nous rappelle le morceau incontournable du premier album, « Abandon Ship ». Le son a un petit côté garage et on retrouve cette ambiance assez malsaine qui caractérise vraiment Gallows. Les 5 hooligans enfoncent le clou avec “Cult of Mary”, le morceau fait monter d’un cran la violence qui se dégage de cet album. Le titre monte en tension petit à petit jusqu’à un plan final chaotique nous menant tout droit à une messe lugubre lors de laquelle la voix d’une petite fille se joint à celle de McNeil. Sûrement un des meilleur titre de ce nouvel album. Pour finir le travail comme il faut, ils nous achèvent avec “Cross of Lorraine” et son refrain entêtant et ses cœurs bien placés. La rythmique de ce morceau nous martèle la poitrine et nous prouve la puissance de ce groupe. L’album se termine sur les vociférations rauques de Wade McNeil.

Au final on ne sait pas bien ce qu’il vient de se passer, en revanche nous sommes sûr d’une chose, nous venons de prendre une méchante correction et surtout nous venons d’écouter un excellent disque. Gallows nous prouve qu’ils sont toujours plus qu’en forme et imposent leur savoir faire sur cette scène Hardcore’n’Roll de plus en plus florissante. Et on est heureux de voir que le départ de leur leader mythique n’a en rien freiné leur talent et leur rage.

Au passage, ils seront à la maroquinerie mardi prochain, avec les hallucinants Feed the Rhino. Date à ne manquer sous aucun prétexte. En tout cas nous, nous y serons. Promis on vous racontera.

Les 3 morceaux de l’album recommandés :

– Outsider Art

– Cult of Mary

– Depravers

Note : 9/10

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