KADAVAR/ Golden Gloss & The Cannon – Mc Daid’s

 

Me voilà revenu au havre, ma chère et tendre ville natale, pour un concert qui sera extraordinaire (mais ça je ne le sais pas encore). C’est dans la cave feutrée et moite de ce bon vieux pub irlandais que vont se produire ce soir les démons venus du froid, Kadavar. Je descends donc doucement dans l’antre de la bête pour assister à ce que l’on pourrait appeler une cérémonie occulte.

Golden Gloss & The Cannon © Antonia Enos

La grand-messe débute avec un groupe tout droit sorti de notre belle ville portuaire. Golden Gloss & the Cannon, nous embarque dans leur délire Rock’n’Roll aux accents presque bluesy. La troupe est menée d’une main de fer par une chanteuse à la voix incroyable. Entre douceur et montées rauques, on croirait entendre un bon morceau de Janis Joplin. Les titres s’enchainent, et ils embarquent petit à petit un public qui se remet doucement du froid régnant à la surface. Ça fait du bien de découvrir ce genre de groupe rock ayant la volonté de remonter le temps durant quelques instants. D’ailleurs en parlant de remonter le temps, nous ne sommes qu’aux prémices de ce qui nous attend dans quelques minutes. Golden Gloss & the Cannon, ça joue et ça chante vraiment bien. Je pense que ce n’est pas la dernière fois que l’on vous parlera d’eux…

Kadavar © Antonia Enos

Ce prélude était excellemment choisi afin de nous préparer au mieux pour notre rencontre avec le diable en personne. Nous remontons vers le monde des vivants, pour nous faire agresser par la température et respirer un bon coup avant notre redescente dans l’au-delà. Nous attendons les maîtres de la soirée dans l’ambiance chaude de ce sous-sol. Lorsqu’ils arrivent enfin sur scène, on ne peut qu’être impressionné. Les 3 sorciers ne doivent pas faire moins d’1m90, barbe épaisse, cheveux longs (très longs), pendentifs et breloques à tous les étages. Même les amplis sont décorés d’attrapes rêves et autres objets mystiques. Ils sont exactement à l’image de leur musique. En fait, ils sont leur musique. On se croirait revenu dans les années 70 lors d’un « House Show » organisé dans le cadre d’un Acid Test. Dès les premières notes, on se retrouve scotché par la puissance de leur son. On retrouve tous les morceaux de leur excellent album. Lupus Lindemann se balade sur sa guitare et nous transporte dans des solos frénétiques, tous plus psychédéliques les uns que les autres. L’ambiance monte doucement, tout comme la MD dans le cerveau de mes camarades. Les mecs ont ce son complètement dingue créé par Black Sabbath, sombre et lourd tout en gardant un côté très aérien. Ted Tiger Tinski est hallucinant derrière ses fûts. Il matraque sa batterie dans un jeu scénique totalement habité. En plein milieu du concert, il se lance dans une démonstration rythmique incroyable. Durant plusieurs minutes, il va maltraiter son instrument dans une valse apocalyptique nous prenant aux tripes. Les gars ne parlent pas beaucoup entre les morceaux et c’est tant mieux. Ils sont là pour nous envouter et nous faire passer du côté obscur avec leur musique et rien d’autre. Une ambiance lugubre mais fraternelle s’est installée dans la salle. L’assemblée est en parfaite communion avec ces chamans venus d’une autre époque pour nous apporter la bonne parole. Kadavar ressuscite le Rock’n’Roll et avec lui ses travers les plus sombres et mystérieux.

Après 1h de show, le groupe quitte la scène devant un public venant de voyager à travers le temps. Tout le monde reste abasourdi par ce que l’on vient d’entendre et de vivre. Voilà une soirée à laquelle nos paternels vont nous maudire de ne pas les avoir invité. Marty McFly n’a qu’à bien se tenir, la nouvelle Dolorean s’appelle K A D A V A R !

Crédit photo : Antonia Enos – www.facebook.com/Antoniaenosphotographie

(519) vues


About Tinmar Morel

view all posts

Punk / Hardcore / Rock'n'Roll / Post-Hardcore / Sludge

You May Like This

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*