RDV avec GALLOWS

 

Interview réalisée par Guillaume & Tinmar / Traduction : Aurélie 

18 septembre, 19h20. La maroquinerie est encore vide quand nous arrivons avec guillaume. Ce soir nous avons la chance de rencontrer Wade McNeil, (nouveau chanteur de Gallows) pour lui poser quelques questions avant le show : l’occasion pour nous de découvrir comment ce grand gaillard a rejoint les rangs de Gallows et de quelle façon leur nouvel album a vu le jour. Juste le temps de commander de quoi s’hydrater un peu (et oui on a la bouche sèche et les mains moites)  et nous voilà attablés avec Wade. 

 

L’Aguicheuse : Salut wade, comment ça va ?

Wade McNeil : Super ! Je suis très content d’être ici ce soir et de commencer la tournée.

 

Votre tournée commence ce soir à Paris. Comment vous sentez-vous avant d’aller défendre ce nouvel album à travers l’Europe ? 

Nous sommes très excités. On ne sait pas vraiment ce qu’il va se passer. Ça fait un long moment que Gallows n’a pas tourné en tête d’affiche. C’est super cool car nous allons visiter certains pays pour la première fois. On va jouer en Pologne pour la première fois, par exemple. Gallows n’est pas très connu en Europe, en tout cas moins qu’aux USA, donc c’est bon de jouer ici et de présenter notre nouvel album.

 

Une tournée américaine est-elle prévue à la suite de celle-ci ?

Oui, mais j’ai l’habitude de jouer là-bas, donc je suis beaucoup plus excité par cette tournée européenne.

 

Avec qui allez-vous tourner aux Etats-unis ?

Nous allons prendre la route avec Barn Burner. Ils sont très cools. Ils viennent de Montréal. On les aime beaucoup. (Ndlr : je rigole et lui explique que j’ai aussi eu la chance de partager la scène avec les canadiens de Barn Burner)

 

Nous avons adoré ce nouvel album et nous l’avons attendu avec impatience. Cela n’a pas été trop difficile pour vous d’attendre quasiment trois ans avant de sortir ce nouvel opus ? 

Evidemment ! Il y a eu beaucoup de changements pour Gallows. On espère que personne ne devra attendre encore trois années avant que le prochain album sorte. Le groupe s’est presque brisé et un million de choses sont arrivées. Mais nous avons réussi à le faire et je suis heureux d’être ici aujourd’hui. J’ai hâte de voir la suite.

 

Cet album sonne légèrement comme « Orchestra of Wolves ». Vous vouliez retrouver une touche plus rock ‘n roll pour ce disque ? 

Oui, je pense. Ce que j’ai toujours aimé dans Gallows, en tant que fan, c’est ce rock ‘n roll complètement désaccordé et différent. Je trouve que c’est très intéressant. La manière dont Steph et Laurent jouent de la guitare ensemble, est très «loosy-jungly» (ndlr : ???) et bizarre en même temps. Peu de groupes sonnent de cette façon. Ça me rappelle des groupes Old-School anglais qui ont cette rage intérieure et poussent leur son toujours plus loin. Je pense qu’on a réussi à faire quelque chose dans le genre, quelque chose de nouveau. Souvent, quand on quitte un studio, il y a toujours quelque chose qui cloche qu’on aimerait avoir fait différemment. Je pense qu’on peut tous dire que cet album, est exactement l’album dont on avait envie. Et c’est un super sentiment.

 

Le départ de Franck Carter (ex-chanteur) a été un tournant pour le groupe. Comment s’est déroulée cette transition ?

Je pense qu’ils ont toujours su que Franck voulait aller de l’avant et explorer d’autres styles. Evidemment, il représentait Gallows, pour la plupart des gens. C’était le porte-parole. C’est quelque chose de très difficile à remplacer et surtout de réussir à convaincre notre public. Je pense que le groupe a donc continué comme il l’a toujours fait, à sa façon et en ayant confiance en ses propres décisions pour aller de l’avant. Tu ne peux pas vraiment faire autre chose. Beaucoup de détracteurs ont tourné le dos au groupe. Mais beaucoup de personnes nous ont également soutenus. Nous essayons de faire de notre mieux et de donner le maximum, je pense que ça fonctionne plutôt bien. Nous avons fait notre tout premier show ensemble, au milieu de nulle part dans la région New-yorkaise : c’était dingue. Et ça l’est resté depuis le premier jour. Ça nous a donné la foi de continuer, de faire cet album et surtout de faire ce qu’on aime : partir en tournée.

Le groupe ne voulait pas recréer le passé. Il faut aller de l’avant. Il faut constamment faire évoluer les choses, se défier soi-même. Les groupes qui ne changent pas et n’évoluent pas deviennent ennuyeux. L’album n’aurait jamais été le même si toute cette histoire n’avait pas eu lieu. Ça nous a permis de grandir en quelque sorte. J’avais l’habitude de jouer de la guitare et de faire de la musique à peu près similaire, mais tout ça restait à des millions de kilomètres de Gallows. Les gars savent qui je suis et que j’ai toujours évolué dans ce milieu. Mais je n’aurais jamais imaginé tout cela. Je suis super excité, ça prend enfin tout son sens.

 Comment as-tu rejoins le groupe ?

Steph m’a appelé, très tôt un matin. Je ne pense pas qu’il ait pensé au décalage horaire, ou alors il était trop excité, ou bien il voulait avoir ma réponse tout de suite. Il m’a donc appelé vers 6h du matin. Je n’ai pas répondu. Mon téléphone bipait et un certain numéro anglais en +44 s’affichait. Je me suis demandé ce qu’il se passait. Je pensais que c’était un ami très très bourré ou quelque chose comme ça. J’ai écouté le message vocal et Steph disait : « Salut, mon frère a quitté le groupe hier, tu veux être notre nouveau chanteur ? Rappelle-moi.» J’ai posé le téléphone et je suis retourné au lit. Une heure plus tard, je me suis réveillé en me disant «Est-ce que c’est vraiment arrivé?». Du coup, j’ai écouté le message à nouveau. «Holly Fuck». J’ai appelé ma petit-amie qui est aujourd’hui ma femme, je lui ai raconté et elle m’a répondu de réserver mon billet d’avion. Une semaine plus tard, j’étais en Angleterre. On a enregistré et joué directement. Je pensais que j’allais répéter ou au moins avoir une audition mais quand je suis arrivé et que j’ai demandé ce qu’ils voulaient que je fasse ils m’ont seulement dit «Let’s play something». On s’est mis à écrire puis enregistré en studio. C’était complètement dingue. Ca a été un grand changement pour tout le monde au départ. Mais d’une certaine manière, on l’a fait et on s’est pas mal débrouillé.  Je n’arrive pas à imaginer tout ça d’une autre façon.

 

Ton arrivée dans le groupe a-t-elle changé votre manière de composer ?

Définitivement oui. Je passe de la guitare au chant. Le fait d’être guitariste à la base, me permet d’imaginer comment les choses sont rythmées, les paroles, les chœurs… J’imagine comment tout concorde ensemble. Le studio déborde de créativité lorsque l’on se met à bosser. Je ne sais pas trop pourquoi, mais j’ai l’impression que l’on écrit de meilleures chansons en fin de journée.

 

Ton ancien groupe Alexisonfire était très différent de Gallows. Ressens-tu vraiment le changement entre les deux

Absolument. Je mentirais si je disais qu’à notre premier concert, je ne cherchais pas ma guitare un peu partout. Maintenant, c’est comme une seconde nature d’être simplement au chant. C’est ce que tout chanteur veut. Tu ne veux pas être coincé avec ta guitare. Tu veux pouvoir sortir tes tripes et faire le spectacle.

 

Pourquoi sortir un album éponyme? 

C’est une sorte de déclaration. Voici ce que le groupe est aujourd’hui. Et en même temps, c’est l’album que les gars, présents dans le groupe depuis le tout premier jour, ont toujours voulu. C’est une sorte d’ode au passé et à tout ce qu’ils ont construit au cours de toutes ces années.

 

Quels sont les groupes qui t’ont inspiré pour l’écriture de cet album ?

J’écoute sincèrement de tout. Ces dernières années ont été très bonnes en termes de musique.. D’ailleurs, j’ai pas mal écouté de musique française dernièrement. Vous connaissez Coeur de Pirate, cette chanteuse Pop ? Je l’ai rencontrée. Elle nous a fait découvrir Jane Birkin et Jacques Brel. J’écoute vraiment de tout constamment.

 

Pour cet album, vous avez décidé de créer votre propre label, Venn Records. Envisagez-vous de produire d’autres groupes avec ce label ?

Oui. Le 21 octobre, nous sortirons le 7’’ de Marmozets un jeune groupe anglais. On a joué avec eux quelques fois cet été. De là, on verra ce que ça donnera. C’est un rêve d’avoir son propre label et faire la musique que tu aimes.

 

Vous n’êtes donc plus chez Universal ? 

Non.

Pourquoi avoir choisi deux femmes à moitié nues et encagoulées pour la pochette de cet album ?

En fait tout vient de cette photo. Elle était accrochée dans nos studios pendant tout l’enregistrement. Du coup, on en est devenus obsédés. C’est vraiment une photo étrange. D’une certaine manière, on l’a tellement regardée pendant que l’on jouait, qu’elle est devenue une sorte de représentation de notre album. Elle est plutôt troublante à regarder et en même temps, tellement belle. C’est hypersexuel et tellement bizarre, avec ses imperfections. J’aime leurs jambes. On est vraiment tous devenus simplement obsédés par cette photo. Au bout d’un moment elle a pris tout son sens. Notre look, nos albums, … tout aura à peu près ce style. Même les albums de notre label seront plutôt dirigés vers cet univers. D’ailleurs on ne veut plus signer nos pochettes d’album. Nous aimerions que simplement en regardant l’album les gens sachent que c’est Gallows, grâce à cette boite noire négative et la manière dont la photo est prise.

 

Quelle est la chose la plus dingue qui vous soit arrivée durant une tournée ?

Il y a très longtemps, je jouais à Halifax sur la côte Est du Canada et il y avait ce mec qui était entrain de slamer. Il venait vers nous et d’un coup il s’est cogné contre la scène et sa jambe s’est détachée ! (Rires) WTF ? Je ne comprenais rien ! J’ai ensuite réalisé que c’était une prothèse. Il l’a reprise et l’a remise en place. Mais je n’aurais jamais imaginé qu’une chose comme ça puisse se passer. C’était dingue. Il est venu après le concert, pour que je lui signe un autographe sur sa jambe en plastique. Je n’en revenais pas.

 

Et la pire ? 

Tout n’est pas toujours génial. De temps en temps c’est comme jouer à «Pile ou face». Parfois tu traverses les frontières et tout se passe à merveille, parfois tu tombes sur un agent de sécurité qui vient juste de s’engueuler avec sa femme. Du coup, il emmerde tout le groupe et jette tout sur son passage. Aux Etats-Unis, ils aiment bien tout balancer. Ils descendent tout ce qu’il y a dans ton van et le laissent dehors sous la pluie. Ta guitare est trempée et tout est foutu … Je suppose que c’est le truc le plus chiant, quand certains dépassent ce genre de limites.

 

Pourquoi avoir choisi Feed the Rhino pour cette tournée européenne ?

On a joué en décembre dernier à Londres avec eux et on a vraiment adoré leur show. Ils sont super. C’est aussi simple que ça. On est assez chanceux de pouvoir choisir les groupes qu’on aime vraiment pour partir en tourné. On leur a donc demandé de nous rejoindre.

 

Pensez-vous venir au Hellfest l’an prochain ?

OH OUI ! C’était tellement dingue l’an passé. On était tellement jaloux. On connaissait quelques groupes qui jouaient. J’aurais aimé resté planté là toute la journée à jouer. J’espère qu’on y sera l’année prochaine. C’est vraiment cool. L’Europe est vraiment douée pour les festivals. En Amérique du Nord, tu ne trouves pas ce genre de trucs ou du moins pas autant. Donc on croise les doigts.

 

Que peut-on espérer pour la suite ? Avez-vous commencé à composer de nouvelles chansons ?

J’ai écrit quelques chansons aujourd’hui sur le chemin. On travaille constamment. On a pas mal de chansons en cours, pas de morceaux en entiers, mais des idées. Elles n’ont juste pas encore trouvé leur forme finale. L’album vient tout juste de sortir mais on va sans doute se remettre à travailler très prochainement.

 30 minutes et 20 questions plus tard  il est temps pour Wade de nous quitter et pour nous de descendre assister au show.

(Si vous voulez savoir comment c’était c’est ici que ça se passe) – CLIQUEZ-ICI POUR LE LIVE REPORT

 

  Gallows – Outsider Art from Gallows on Vimeo.
 

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Community Manager Freelance - Bûcheron chez Totolo Label - Fondateur chez L'Aguicheuse - Batteur, frappeur, décrasseur de tympans - Fan de metal extrême.

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