Magic Arm, Musique de chambre

Ce n’est pas le premier olibrius à pondre des petits bijoux de morceaux du fin fond de son habitat. Mais Marc Rigelsford, le petit génie qui se cache derrière ce nom mystérieux, a un petit quelque chose en plus qui nous donne envie d’y revenir, encore et encore…

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Dans l’univers de cet anglais originaire de Brighton, il n’y a qu’un pas entre bricolage pop et envolées classiques. En deux albums, celui-ci a forgé un style très personnel malgré un grand nombre d’influence : de Beck à The Beta Band en passant par Grizzly Bear (pour qui il a fait quelques premières parties)… Ce qui fait mouche, c’est un savant mélange de pop aux mélodies très inspirées, une voix très agréable, des instruments et mélanges inattendus mais jamais gratuits, un peu de folie et de noirceur là-dessus et surtout énormément de talent !

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Marc a commencé la musique par hasard alors qu’un ami lui a demandé de l’aider en faisant une bande originale pour son court métrage. Se découvrant quelques aptitudes pour fabriquer des morceaux qui tiennent la route et s’entraînant d’arrache-pied pour maîtriser instruments et logiciel, il a très vite réussi à produire tout seul une musique plus que convaincante et sortir son premier album : Make Lists, Do Somethings (2009).

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Ce premier effort possède toute la fraicheur d’un cerveau en ébullition qui se met à additionner, multiplier, mélanger tous les sons qu’il trouve pour en faire quelque chose d’harmonieux et poser sa voix dessus. C’est parfois un peu maladroit mais cela fonctionne toujours. Et ça a le mérite d’être ni ennuyeux, ni prétentieux : juste de la bonne pop expérimentale (et si, cela existe) qui rappelle, dans une approche moins carnavalesque, la joyeuse troupe de The Go! Team.

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Son deuxième album, Images Rolling sorti cet été, est celui de la maturité. L’intro nous donne l’impression d’avoir mis un album de Vénus dans le lecteur, puis viens le premier couplet où l’on est heureux de retrouver le son lo-fi et pétillant de Magic Arm. Les mélodies sont encore meilleurs et le disque malheureusement trop court… Les vents et cordes sont beaucoup plus nombreux et soignés, le piano plus présent. On se rapproche parfois du travail d’un autre modeste génie : Peter Von Poehl (Type Endessly aurait pu être composée par ce dernier). L’album se veut aussi plus aérer que le premier : l’artiste à quitter sa chambre pour aller déposer tous son matos et son savoir-faire dans une grande maison transformée en studio, dans lequel il s’est acharné pendant 4 ans pour accoucher de ce très bel album. Et cela s’entend ! Le travail sur chaque son, chaque couche, chaque texture est audible et représente bien le soin du détail dont sait faire preuve Magic Arm.

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Une implication que l’on espère également présente en live… Jusqu’à maintenant, il se produisait avec pour seule arme ses instruments reliés à une loopstation. Désormais, il sera entouré de quelques musiciens et nous sommes curieux de savoir ce que cela donne ! Un artiste encore peu connu qu’il faudra suivre avec beaucoup d’attention les amis.



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