On a passé 20 minutes avec DANKO JONES

Interview réalisée par Guillaume Le Garjean & Raf Pener / Traduction : Lilie Coptère

On a beaucoup tardé à sortir cette interview réalisé lors du dernier Hellfest. L’équipe était plutôt busy ces derniers temps. Et oui, la plupart d’entre nous travaillent à côté du site et ce n’est pas toujours évident de juxtaposer nos plannings.

Rencontrer la Rockstar était un vrai rêve d’enfance. Pour résumer,  Danko Jones est une formation canadienne jouant depuis 1996 représenté par le frontman portant le nom du groupe. Ils ont joué entre autre en première partie des Rolling Stones,  effectué des tournées Européenne avec Motorhead… Danko Jones anime aussi des émissions de radio. Il est aussi rédacteur pour le Huffington Post Canada. Je l’ai rencontré juste avant son passage sur la scène Mainstage 1 au festival du Hellfest. Il jouait en première partie du nouveau groupe de Jason Newsted, ancien bassiste de Metallica. Nous avons parlé beaucoup de musique mais aussi de communication, de l’industrie du disque et un peu réseaux sociaux…

Pendant que d’autres aguicheurs mataient des concerts, j’avais rendez-vous (normalement) avec le bassiste de Danko Jones, John Calabrese pour une interview. Je me dirige vers le carré VIP du festival. Sur mon chemin, je rencontre Roger. C’est grâce à lui que nous avons eu l’interview. L’homme m’annonce que l’entrevue ne se fera pas avec John Calabrese, mais avec Danko Jones en personne… Autant vous dire que mon degrés de pression monte d’un cran. Aucune de mes questions mais je vous dit bien aucune, n’étaient destinées à Danko Jones… Mon interview était en Français. Pile à ce moment là, je me dit que je vais sûrement passer pour un gros loser…

J’arrive devant lui avec mes 3 grammes restant de la veille, un sourire, une poignée de main et on se dirige vers le box où il reçoit tous les journalistes. Dès le début, la plupart de mes questions passent à la trappe. Les blancs dans la conversation deviennent de plus en plus nombreux… Tant pis je suis obligé d’improviser… Mais heureusement, un blogueur m’accompagnant me sauve la vie et part chercher un traducteur qui n’est autre que Raf Pener, le chanteur du groupe T.A.N.K.! Merci Raf, grâce à toi tout s’est bien passé. Et merci à Ludovic pour les photos que vous verrez ci-dessous. Bref, après 3 jours de teuf intense, je me suis tapé un bon coup de pression en ce début de matinée. Et tout ça en 20 minutes…

Danko Jones

Danko Jones ©Ludovic Bocquet

Tu te sens comment là avant de monter sur scène ?

Bien, très bien. J’ai hâte, à vrai dire ! (en avait-il déjà marre ? :) )

Ton dernier album est sorti en octobre dernier. La presse lui a donné un bon accueil. Pour l’instant, comment le public l’a accueilli ?

Je pense qu’ils l’ont apprécié et bien accueilli. Ils ont très bien réagi aux nouvelles chansons lorsqu’on les a jouées en live. Dans tous les cas, je l’espère. On joue… après s’ils les aiment, tant mieux et voilà… On écrit d’abord un album pour se faire plaisir. Je me base sur le fait que si j’aime ce que je fais, mon public aimera… Que ce soit du vieux ou du neuf. C’est tout ce dont il faut espérer.

C’est quoi le process pour composer un morceau de Danko Jones ?

Comme toujours. On produit un tas de riffs. On les présente aux mecs et s’ils aiment, on garde, sinon on jette. Il y en a tellement.

Ton meilleur souvenir ? Anecdote la plus folle ?

Wouow… Ca fait 17 ans qu’on est sur scène. S’arrêter à un seul souvenir, c’est assez difficile… Il y a tellement de shows exceptionnels ! Quand je descends de la scène, je me dit presque à chaque fois « Mais quel show ! ». Je ne peux pas penser à un seul souvenir, il y en a trop. Mais … je vais dire la dernière fois que je suis venu au Hellfest. Je suis monté sur scène avec Death Angel et j’ai chanté « Bored »  avec eux. C’était un très bon moment. Et la première fois au Hellfest, j’ai chanté « Killed by death » avec Lemmy… Ces moments étaient super cool !

Et le pire ?

Euh… Généralement, c’est à cause d’un problème technique. Quand tu te retrouves avec des milliers de spectateurs et que tu ne sais pas quoi faire. Mais bon… En général, avec les années, j’apprécie presque ce genre de problèmes parce que je peux parler avec mon public et j’adore ça !

Un groupe qui t’a inspiré quand t’était jeunot ?

Oh ! C’est aussi une grande question. En général, ça part de Kiss, Metallica, Van Halen, ZZ Top… Mais si on doit se concentrer sur l’actu, je suis un fan monstrueux de « Danzig » et j’adore tous les albums de Metallica et pleins d’autres trucs…

Qu’est-ce que tu écoutes en ce moment ?

Tout plein de choses, j’adore Ghost, Graveyard…  D’ailleurs ils jouent aujourd’hui, je les adore !

Ça t’as fait quoi de jouer avec les Rolling Stones ?

En 2002, il y a 11 ans ! C’était il y a si longtemps… Mais je m’en souviens parce que pour jouer avec les Rolling Stone, de là où on était… C’était un truc de dernière minute. On l’a presque su le jour du concert ! Ils nous ont confirmé en tant que première partie deux jours avant la date. Mais comme c’était un show assez secret… Ils ne pouvaient pas dire qui était la première partie avant le jour-J. En plus on était en tournée… Du coup, on a roulé de nuit pour y arriver. J’ai joué avant les Rolling Stones en n’ayant absolument pas dormi ! Enfin… j’avais dormi genre 30 minutes dans les vestiaires dans l’aprem, mais j’étais tellement surexcité… Trop d’adrénaline ! Du coup, tu continues même si t’es crevé. Et quand c’était fini, on a été au restaurant manger quelque chose. Je mangeais comme un zombie… Je ne savais même plus si ça avait vraiment eu lieu ! Mais c’était une journée excellente ! Et en plus, il y avait genre une centaine de top models hyper canon dans le public parce que les Rolling Stones en avait demandé à leur agence. C’était dingue !

Parle nous de ton évolution musicale !

Arf… Je n’aime pas trop parler des évolutions… Certes, tu t’améliores forcément naturellement. Tu es plus à l’aise pour jouer, composer, jouer, chanter… Tu as de meilleurs instruments…  Je n’aime pas le mot « progression » quand on parle de rock. Si un groupe arrive et dit qu’il est progressif dès le début : ok ! Tu peux te lancer là-dedans et là, « progression » n’est pas vu comme un mot « mauvais ». Mais on est un groupe de hard rock et on aime rester dans le petit « carré » qu’on s’est créé autour de nous. Je sais que ce n’est pas la réponse que les groupes aiment donner, ils préfèrent dire qu’ils ont évolué en tant qu’artiste ou musicien, mais … je n’aime pas ça. Un groupe de hard rock a des racines de Punk rock, et ça n’évolue pas… Le Métal est plus ouvert à la progression que nous.

Un conseil pour les futurs groupes ?

N’évoluez pas ! Je n’essaye même pas d’être drôle ! Ecoutez de la musique, c’est tout… Ou faites-le pour vous amuser mais pas à un niveau professionnel. On a lancé notre groupe il y a presque 18 ans, avant qu’il y ait tout ce truc de téléchargement. Le marché était différent. Maintenant, tout est gris… Tout est en ligne et ça rend les choses encore plus grise.

Internet a changé beaucoup de choses pour vous ?

Forcément ! C’est bien mais ça a rendu rendu les choses plus complexes. On a été assez chanceux pour s’imposer, et imposer notre nom avant qu’Internet ne monopolise le marché de l’industrie du disque. Aujourd’hui, on entend notre nom : ils aiment ou non, mais ils savent ce que c’est ! Si je devais lancer un groupe aujourd’hui, je ne saurais même pas par où commencer… Je manipule assez bien les réseaux sociaux mais je ne saurais quand même pas comment m’y prendre pour créer un impact. Je pense que la seule manière d’être dans un groupe aujourd’hui, c’est de le faire par plaisir et de n pas en faire un job, une carrière, une tournée… Jouer juste avec ses amis et c’est tout.

En parlant de réseaux sociaux, t’as un tas de fans sur Facebook ! Comment tu te sers de cet écosystème ?

En ce qui concerne Facebook, je poste mes articles du Huffington Post, mes podcasts radio… Les concours, les spectacles et tout ce qui concerne le groupe, c’est le webmaster qui s’en charge. Je n’aime pas vraiment quand les groupes utilisent Twitter et Facebook pour vendre tout et n’importe quoi en balançant « Hey ! Notre nouvel album est sorti, Hey ! On est en tournée, achète ta place ! Oh un pack VIP, achète-le ! » Je préfère le dialogue avec le public sur les réseaux. Bon… À un certain niveau, parce que je ne peux pas avoir une conversation, comme toi et moi par exemple, avec des centaines de fans sur Facebook. Je like les commentaires, j’y réponds assez rapidement… Je fais ça aussi beaucoup sur Twitter. Mais je n’aime pas ceux qui l’utilisent uniquement pour vendre… Comme pour vendre des meubles, des voitures… C’est archi nul ! (rire)

Tu t’y prends comment avec tes fans dans la vraie vie ? Tu discutes avec eux un peu ?

Oui ! Enfin si tu peux tenir une conversation et que t’es pas déchiré, pourquoi pas ! (rire) Si quelqu’un vient me parler et que tu as bu genre 7 bières, je ne serai pas capable de tenir une conversation.

Un dernier truc à dire à tes fans français ?

« Buy our Shit » ! Non, je ne sais pas. Ces questions me bloquent toujours ! « Ecoutez notre groupe, il est plutôt bon ! » (En français – rire) !

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Community Manager Freelance - Bûcheron chez Totolo Label - Fondateur chez L'Aguicheuse - Batteur, frappeur, décrasseur de tympans - Fan de metal extrême.

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