Rencontre avec Ed des Uncommonmenfrommars

Ce soir nous sommes aller faire un tour au Gibus pour assister à une soirée sous le signe du punk-rock lors de laquelle nous avons eu le plaisir de discuter avec Ed des Uncommonmenfrommars. Cet ovni parle notre langue et il a plein de trucs à raconter en plus !

Salut Ed ! On va commencer par une question originale ! D’où vient votre nom, Uncommonmenfrommars ?

Je crois qu’à l’époque on essayait juste de trouver un nom. En fait tous les groupes ont un peu la même histoire. Tu fais partie d’une bande de gamins, tu montes ton groupe et tu essayes de trouver le nom le plus con et qui te fait rire. Et nous, ce qui nous faisait rire c’était d’avoir le nom le plus long possible pour se différencier des autres car à l’époque tout le monde voulait des noms super courts ou des abréviations et en plus on savait que ça allait faire chier les gens pour le placer sur les affiches ou les flyers et aussi pour le prononcer. Donc ça nous faisait bien marrer de savoir que l’on allait faire chier la terre entière avec ce nom.

Les unco, c’est une véritable histoire de famille. Qu’est-ce qui vous a donné envie de jouer du punk-rock entre frangins ?

En fait on a commencé à jouer de la musique assez tôt avec mes frères. On a chacun choisi un instrument, en l’occurrence guitare (Ed), guitare (Trint) et batterie (Daff) et on a rapidement commencé à écrire des morceaux, on n’est pas passé par la phase de reprises. On avait un pote à nous à la basse, puis ce pote est parti et c’est là que l’on a rencontré Jim (basse). C’est aussi à cette époque que l’on a découvert Bad Religion avec leur album Suffer, puis Punk in Drublic de Nofx et toute cette scène et ça a été comme un électrochoc, du coup on a eu envie de jouer cette musique là. Et voilà ça fait 15 ans que l’on fait ça !

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C’est vrai que ça commence à faire un paquet d’années que vous faites partie intégrante du paysage punk-rock. Souvenir de nos années collèges !

Oh putain ouai le temps passe vite !

Il paraît que vous avez un peu maltraité le plafond d’une salle caennaise récemment…

Oui effectivement !  C’était ce lundi d’ailleurs.

Vous avez prévu quoi pour ce soir du coup ?

Bah écoute, comme c’était à Caen un lundi soir en plus et que les mecs ont réussi à péter le plafond, j’imagine qu’à Paris un mercredi soir il y a moyen de faire quelque chose !

Un plafond explosé un lundi soir c’est pas mal !

Ah ah oui c’est ce qu’on s’est dit, du coup on attend de voir ce qu’il va se passer ce soir.

Parlons un peu de votre dernier album. Comment s’est passé l’enregistrement de ce disque avec Ryan Greene ?

Bah en fait, pour ceux qui ne sont pas au courant de notre histoire, nous avions déjà travaillé avec lui pour nos trois premiers albums. Il les avait produit, enregistré et mixé. Ensuite nous avons fait une série d’album à Lyon au Warm Audio qui est notre repère en quelque sorte. Et donc ce dernier album nous l’avons enregistré au Warm Audio mais on l’a envoyé à Ryan pour le mixage.

Ok, donc en fait Ryan Greene vous a plus ou moins suivi durant toute votre carrière ?

Oui, sauf sur les deux ou trois albums entre le dernier et les premiers. Mais on avait envie depuis longtemps de re-bosser avec lui et surtout de voir ce que ça donnerait d’enregistrer les morceaux chez nous et de les envoyer à mixer chez lui. Je pense que l’on a bien fait, on est plutôt satisfait du résultat.

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(crédit photo : KEVIN METALLIER)

Qu’est-ce qui vous a particulièrement influencé dans l’écriture de cet album ?

En général on s’inspire de la vie de tous les jours. On rencontre tous des problèmes et plus on grandit, plus les problèmes évoluent vers des choses parfois plus graves mais aussi parfois plus simples de temps en temps grâce à l’expérience entre guillemets. Mais voilà il se passe tellement de trucs dans nos vies, dans notre entourage et nos familles que l’on a suffisamment de matières autour de nous pour écrire des morceaux.

Et vous travaillez comment en règle générale ?

La plupart du temps on commence par la musique. On part d’un riff et d’une mélodie de chant. Et puis les paroles viennent naturellement se caler après.

C’est votre deuxième tournée pour ce nouvel album. Vous aviez pris la route avec the Shell Corporation pour la précédente c’est ça ?

Oui, nous avions commencé au mois de novembre avec The Shell Corporation, nous avons joué trois semaines en France et en Europe. Puis nous avons fait un mois de tourné avec Forest Pooky, notre quatrième frangin et là on fini tout le mois de mars avec Inside Riot nos potes du Québec.

En parlant de tournées, quel a été votre meilleur souvenir sur la route ?

Notre meilleur souvenir de tournée ? C’est difficile à dire parce que tout se mélange. Par contre j’ai des anecdotes qui me viennent. Pendant notre tournée avec Lagwagon en Europe nous avions joué à Vienne en Autriche et le lendemain nous avions un day-off. On a décidé de rester sur place car il y avait Rise Against qui jouait avec The Bronx et comme les Lagwagon étaient potes avec Rise Against nous avions eu des invit’ et des backstages donc on avait passé une super bonne soirée. Et au moment où les Bronx sortent de scène, je croise l’un de leurs guitaristes et le mec me dit « Hey tu ne serais pas le guitariste de Uncommonmenfrommars ? » Du coup je suis un peu sur le cul et je lui demande comment il me connait et en fait il m’explique qu’il bossait pour un label au Japon et qu’il avait fait la promo de notre disque qui était sortie sur ce label en 2004 (Noise Pollution). C’était assez irréel, le guitariste des Bronx a donc été chargé de notre promo au Japon. La rencontre improbable. En gros les meilleurs souvenirs ce sont souvent des rencontres ou des trucs rigolos qui se passent, mais il n’y a pas vraiment de gros événements qui sortent du lot. Les tournées avec des groupes de potes sont toujours les meilleurs moments dans la vie du groupe. Toutes les tournées que l’on a fait avec les Burning Heads, les Spermbirds, les Inside Riots maintenant, les Shell Corporations sont vraiment les plus funs !

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Quels sont vos projets pour l’avenir du groupe ?

Notre dernier album vient de sortir au mois de novembre, ça fait même pas un an donc on est en plein dans les tournées. Donc on va finir cette tournée avec Inside Riot, puis une fois qu’elle sera terminée on aura une journée pour faire notre linge et on sera de nouveau sur la route aux Etats-Unis avec nos potes de The Shell Corporation. On va faire la tournée revanche chez eux ! On part 3 semaines et ensuite on rentre se reposer un peu avant la tournée de festivals cet été.

Dont le Motocultor !

Dont le Motocultor en effet.

C’est un peu improbable d’ailleurs de vous retrouver sur un évènement vraiment typé métal comme celui là.

Ouai c’est vrai, mais l’année dernière je crois qu’ils ont fait jouer Justin(e) et The Adolescents. Je n’avais pas vu Justin(e) mais j’avais vu les Adolescents et je trouve ça cool d’avoir des groupes plus « légers » dans ce genre de festival, ça apporte un peu de fraicheur. Mais en tout cas ce genre de programmation ne nous fait pas peur. Nous avons déjà joué sur des dates avec des prog’ vraiment Hardcore où on était le seul groupe mélo, c’était un peu « cherchez l’erreur ». On avait fait un festival de Hardcore, Les Nuits de l’Entrepôt en Belgique et sur l’affiche c’était écrit « L’Edition Spéciale Rock Dur », donc c’était que du hardcore old school de 14h à 23h et nous on jouait à la fin entre Agnostic Front et Terror (rire). Et ça s’est hyper bien passé ! Et au contraire, les mecs ont tellement pris de son dans la gueule pendant toute la journée qu’ils étaient content d’avoir une heure de mélodies, ça leur a fait une petite pause et les gars étaient ravis ! Donc on ne se fait pas de souci pour le Motocultor, on aime bien se retrouver dans ce genres de postions. Et puis on a un peu le cul entre deux chaises aussi, car on a des morceaux assez Pop et d’autres plus costaux donc a toujours pu jouer un peu partout.

Quelle est ta vision sur la scène punk-rock actuelle ?

Je trouve que le fait que l’industrie du disque s’écroule ça nous fait revenir à la base. Pour trouver les disques des groupes que l’on aime, il faut les commander directement aux labels, il faut aller fouiner ou les acheter en concert. Même si c’est plus facile avec internet, il faut quand même faire l’effort et s’investir un peu. Donc moi cette situation du disque en ce moment ne me dérange pas plus que ça. Et puis la scène punk elle est comme elle est. Le fait de se filer un coup de main, de faire des splits et de s’échanger des tournées sont un peu des traditions dans ce milieu. C’est une communauté mondiale, quelque soit le pays dans lequel tu tournes, tu retrouves des gens qui partagent cette même vie et c’est un peu rassurant, tu n’es jamais vraiment tout seul. Tu peu te retrouver de l’autre côté de la planète et trouver des gens comme toi ou moi. Et au final, nous tous, tous les gens faisant partis de ce milieu, même si on ne se connait pas, bah on se connait quand même un petit peu finalement. Parce qu’on a les mêmes délires.

 Pour finir, quels sont les albums que tu écoutes en ce moment ?

Alors en ce moment j’écoute le dernier album de Toys That Kill, Fambly 42 et le dernier Off With Their Heads. Sinon qu’est ce que j’écoute d’autre ? Attend je vais regarder mes listes de lectures… Ah oui voilà, le troisième truc que j’écoute en ce moment c’est le Split Blatz / Filth, deux vieux groupes de Crust-Hardcore du début de la scène Gilman Street, c’est très cool.

Merci Ed pour cette entrevue et bon concert !

Merci à vous !

Photo de couverture © Alice Giraudo pour L’Aguicheuse

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