Rival Sons, rock et bestialité

Après avoir parlé de l’essence blues des Kitty Daisy & Lewis, puis continué l’anthologie revisitée du rock avec l’arrivée du mouvement psychédélique incarné par Radio Moscow, je poursuis l’évolution musicale à coup de hard rock et cette fois la DeLorean du professeur Brown prend la forme d’un dirigeable de plomb.

Et oui, bien loin le temps où être une rock star suffisait à faire mouiller les filles, et où demoiselles en chaleur et groupies se crêpaient le chignon pour devenir la prochaine muse à la mode. Voilà un truc de plus qui s’est perdu au fil des années… Et un jour, Earache Records (Clutch, Cult Of Luna…) accueillit les Rival Sons.

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Groupe californien, les Rival Sons sont comme nés d’une fossilisation de la sensualité des Zeppelin alliée au charisme dyonnisien de Jim Morrison et à la fureur d’Aerosmith. Loin d’être un groupe à midinettes – en dépassant le fait que le chanteur arbore une dégaine sexuelle morrissienne – ils inondent leurs performances d’animalité, d’une énergie frénétique, procurant à leur son, de manière troublante, l’aura mystique des Zeppelin.

Voix d’acier, jambes vacillantes, ils ont réussi à s’emparer de l’âme du rock comme elle se constituait quarante ans auparavant, sans quelconques apparat ultra-moderne-et-balivernes. On s’enivre de la bestialité de titres comme Pressure and Time, au rythme saccadé et à l’énergie spasmodique qui nous font juste nous demander où ces gars ont appris à assurer autant. Une guitare aux sonorités métalliques qui s’affirme dans des solos tous les plus aiguisés les uns que les autres, créant une course avec le chant, ces deux fils rivaux du rock, aux caractères bien trempés.

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On parle de Doors, de Zeppelin, d’AC/DC, d’Aerosmith, de Pink Floyd (pour la pochette de l’album Pressure and Time, réalisé par Storm Thorgerson) et on en passe, ce qui forme une sorte d’immense patchwork d’influences qui crée une véritable osmose et brave le danger du plagiat inerte, pour un style authentique et tout en puissance, texturé par une certaine empreinte blues.

Voilà, 2013, on prend le rock en main et on ressuscite ces magnifiques scènes de lancés de sous-vêtements féminins, messieurs.

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