Skating Polly, quand l’enfance à un gout punk

Vous avez pu vous émerveiller devant la tumultueuse « My First Harcore Song » de la jeune Juliette âgée de 8 ans, et bien voilà la concrétisation de cet esprit alliant jeunesse et âme rock: les Skating Polly.

Elles se sont formées en 2009, viennent d’Oklahoma City, sont cousines, ne dépassent pas les 1m20 et 1m50, ont pour mentor Exene Vervenka ou Kliph Scurlock des Flaming Lips, ont ouvert pour Band Of Horses et nous proposent le son le plus punk de leur génération. Agées de 12 et 17 ans, les Skating Polly, c’est du Garage Punk, fortement influencé par les émanations Grunge et Alternative Rock, le tout emballé dans un papier glacé Pop

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Dédouanez-vous d’un quelconque a priori sur la musique que peuvent faire ces deux petits bouts du rock.  Sans nous le cacher, leurs compositions, peuvent apparaître parfois bruyantes et s’incarner en de simples contines appelant au néant, et tourner au mal de crâne aux abords d’une voix crispante et d’un désordre mélodique. Et oui car l’impression d’avoir prêté son synthé à notre petite cousine agaçante, n’est jamais bien loin. Toutefois, les morceaux ressortent parfaitement structurés et sans débordement, dans une âpreté et une précision adulte, évitant le brouhaha et autre désagrément liés aux créations de jeunesse

Filles spirituelles de Meg White,  il ne faut pas s’attendre à un niveau remarquable instrumental.  Bighorse et Mayo se remplacent tour à tour à la guitare, à la batterie ou au piano et Mayo se charge particulièrement du « bassitar« , une sorte de basse hybride. La batterie se fait particulièrement simpliste,  la guitare est empoignée de manière innocente et candide, et la basse a un ressenti gras et métallique. Le tout dans la simplicité la plus agréable conférant une réelle dimension DIY, qui se ressent dans les sonorités  (Me And A Doll), au prix d’une certaine répétition, qu’on leur pardonne, bien sûr.

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Leurs albums sont composés de sonorités amers et d’une énergie sauvage qui, allant jusqu’à jouer avec le larsen (Adelina), s’exprime au travers de mélodies sales et remplies de hargne. Il suffit d’écouter leur chanson phare « Placer », sortie tout droit de leur dernier LP, Lost Wanderfuls, qui n’est pas sans rappeler une dénommée Debaser des Pixies, pour nous rendre compte de la violence impensable de leur musique. La voix des jeunes filles déraille et dérape sur les fausses notes donnant à leur musique un charme punk instinctif. Deux filles pleines d’aigreur qui semblent avoir cernée le râle de Jonhy Rotten.

La fascination qui peut naître à l’approche de ce groupe se cristallise notamment autour du paradoxe qu’elles nourrissent, comme l’illustre la joyeuse et colorée chanson « Rainbow« , en apparence, qui se révèle particulièrement mossade et triste. Les Skating Polly allient la candeur instrumentale à la vigueur déroutante des textes. Alternant entre pensées sombres et chaotiques, ces deux petits anges nous parlent avec ironie de sujets qu’elles ne prennent absolument pas au sérieux, n’hésitant pas à critiquer de manière assez sinistre tout ce qui les entoure. Les Etats-Unis, qui avaient déjà donné naissance aux Bots, accueillent désormais leurs homologues féminins ; un duo prometteur qui a de la marche devant lui.

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